L’intelligence artificielle transforme déjà les administrations françaises : collectivités, ministères, hôpitaux publics. Pour vous, candidat à un concours de catégorie A ou B, c’est un sujet incontournable en 2026. Chiffres clés, cadre juridique, risques pour les agents, exemples concrets : voici tout ce qu’il faut maîtriser pour vos copies et votre futur poste.
1. L’IA dans la fonction publique : une transformation déjà en cours
En février 2025, le gouvernement français a annoncé le déploiement d’un outil d’IA générative sécurisé — une sorte de ChatGPT souverain — mis à disposition de l’ensemble des agents de l’État. L’objectif : améliorer la productivité, alléger les tâches répétitives et libérer du temps pour les missions à valeur ajoutée. Ce déploiement s’accompagne d’un plan de formation massif porté par le campus du numérique de l’État.
Le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) a, lui aussi, lancé en 2025 une offre nationale dédiée à l’IA : formations en ligne, événements territoriaux, ressources documentaires et accompagnement des collectivités. L’objectif affiché : que chaque agent territorial sache comprendre l’IA, identifier les cas d’usage dans son métier et dialoguer avec les équipes techniques.
Du côté de la fonction publique hospitalière, le ministère de la Santé a publié début 2025 un état des lieux confirmant que des solutions sont déjà déployées dans de nombreux établissements : analyse d’images médicales, aide à la décision thérapeutique, automatisation de tâches administratives et optimisation des flux de soins.
Ce qu’il faut retenir pour vos copies : l’IA n’est plus un horizon lointain. C’est un chantier de transformation en cours, avec des acteurs identifiés, des textes de référence et des résultats déjà mesurables.
2. Les chiffres clés que le jury attend
Quelques données factuelles à mémoriser et à citer avec précision :
- 51% des collectivités territoriales déclarent avoir déjà mis en place ou testé une solution d’IA, ou vouloir le faire dans l’année. Parmi elles, 52% utilisent des IA génératives (Observatoire Data Publica / CNFPT).
- 65% des établissements publics de santé utilisent déjà au moins une solution d’IA, et 90% déclarent vouloir lancer de nouveaux projets d’ici trois ans (FHF, baromètre 2025).
- À l’échelle mondiale, selon l’iFRAP, 36% des emplois du secteur public sont « fortement exposés » à l’IA générative.
- Pour la France, entre 2,1 et 2,2 millions d’agents pourraient voir leurs tâches significativement transformées, en particulier dans les fonctions administratives et de back-office.
- L’OCDE rappelle que l’IA transforme d’abord les tâches avant de supprimer les postes : moins de saisie, de tri et de reporting répétitif — mais davantage de contrôle, d’interprétation et de relation humaine.
3. Fonction publique de l’État : stratégie nationale et formation des agents
La France a investi plus de 1,5 milliard d’euros dans la première phase de sa stratégie nationale pour l’IA, puis plus de 2 milliards via France 2030.
Mais la Cour des comptes souligne dans son rapport de novembre 2025 que la diffusion de l’IA dans l’action publique reste en retard par rapport à cet effort de recherche, notamment dans les services déconcentrés et les territoires ruraux.
La DGAFP insiste sur la nécessité de former les encadrants et la fonction RH à l’IA : que chaque cadre soit capable d’évaluer la pertinence d’un projet IA, de cadrer un cahier des charges avec des exigences éthiques et techniques, et d’accompagner ses équipes dans la transformation des pratiques.
Ce que cela signifie pour vous en tant que futur cadre de la fonction publique: vos futures missions incluront très probablement du pilotage de projets numériques, de la vérification de conformité RGPD, de l’accompagnement au changement.
4. Fonction publique territoriale : IA, attractivité et service public de proximité
La Banque des Territoires documente de nombreux exemples de collectivités qui « domestiquent » l’IA générative : rédaction assistée d’actes administratifs, analyse automatisée des signalements, optimisation de la gestion des déchets ou des transports scolaires, chatbots pour orienter les usagers.
Un exemple concret : la ville de Plaisir (Yvelines) a déployé un callbot basé sur l’IA pour désengorger l’accueil téléphonique. Résultat : les agentes d’accueil ont été repositionnées sur des missions à plus forte valeur ajoutée, avec un impact positif sur la qualité de vie au travail.
Le CNFPT rappelle que l’IA peut aussi devenir un levier d’attractivité pour les collectivités en quête de candidats sur des métiers en tension. Mais les risques sont réels : déshumanisation de la relation avec l’usager, dépendance à des fournisseurs privés, inégalités entre grandes métropoles et petites communes sous-équipées.
Ce qu’il faut retenir pour une copie territoriale : proposez des cas d’usage ciblés ET des garde-fous concrets. C’est exactement ce que le jury attend d’un futur cadre A.
5. Fonction publique hospitalière : entre promesse médicale et vigilance éthique
L’état des lieux du ministère de la Santé (2025) confirme que l’IA est déjà opérationnelle dans de nombreux hôpitaux publics : analyse d’images radiologiques, aide au diagnostic oncologique, repérage de signaux faibles dans les données de santé, et automatisation de tâches administratives.
La Fédération hospitalière de France (FHF) plaide pour une feuille de route commune entre établissements, une évaluation rigoureuse des solutions avant déploiement et le maintien absolu d’une garantie humaine dans toutes les décisions de soin.
En mars 2026, la HAS et la CNIL ont lancé une consultation publique sur un projet de guide « IA en contexte de soins » : obligations des établissements, bonnes pratiques de gouvernance des données et exigences de transparence vis-à-vis des patients.
Parallèlement, la Cour des comptes alerte sur la fragilité des hôpitaux face aux cyberattaques : la modernisation numérique ne peut pas avancer sans investissements massifs en cybersécurité.
Pour un candidat en FPH : un sujet sur l’IA à l’hôpital croise nécessairement qualité des soins, protection des données, formation des professionnels et arbitrages budgétaires. Entraînez-vous à traiter ces quatre dimensions en même temps.
6. Les risques pour les agents : ce qu’il ne faut pas esquiver
Le « procès fictif de l’IA » organisé par le CNFPT en 2025 résume bien les inquiétudes : dérive des coûts, dépendance aux GAFAM, déshumanisation de la relation de service, méconnaissance des spécificités locales, surveillance accrue et perte d’autonomie professionnelle.
Des estimations avancent que 14% des tâches de certains métiers pourraient disparaître par automatisation et que 32% seraient profondément transformées — avec des effets sur la charge mentale, le sens du travail et la cohésion des équipes.
Le vrai risque n’est pas la disparition massive des postes mais la polarisation : des agents formés à l’IA qui voient leur valeur professionnelle renforcée, et des agents laissés pour compte qui se retrouvent à exécuter des consignes d’algorithmes sans les comprendre ni pouvoir les contester.
Ne pas aborder ces risques dans une copie serait une erreur rédhibitoire. Le jury sait que l’IA n’est pas neutre. Il attend que vous aussi vous le sachiez.
7. Le cadre juridique à connaître absolument
Quatre textes fondamentaux à maîtriser :
- Le RGPD (2018) : encadre la collecte et le traitement des données personnelles, y compris pour entraîner des modèles d’IA.
- La loi Informatique et Libertés : donne à la CNIL le pouvoir de contrôler et sanctionner les usages non conformes.
- L’AI Act européen (applicable depuis 2025) : impose des obligations renforcées pour les systèmes d’IA « à haut risque » — catégorie qui inclut directement de nombreux usages publics (recrutement, évaluation des agents, santé, justice).
- Les recommandations du Conseil d’État : les administrations doivent adopter des chartes d’usage de l’IA précisant les principes éthiques, les responsabilités et les exigences de transparence à chaque étape du projet.
8. Comment utiliser tout ça dans vos copies — la méthode DOPERLO appliquée
Un sujet sur l’IA dans la fonction publique se traite comme tout sujet de note ou de rapport : avec méthode. Voici comment la méthode DOPERLO s’applique ici :
| Axe DOPERLO | Application au sujet IA |
|---|---|
| DO — Données | 51% des collectivités, 65% des hôpitaux, 2,1 M d’agents exposés |
| PER — Personnes | Agents, encadrants, usagers, prestataires, élus, CNIL, CNFPT, FHF, DGAFP |
| LO — Localisation | Tous versants — mais avec des réalités très différentes selon le territoire |
| EVO — Évolution | De la stratégie Villani (2018) aux déploiements opérationnels de 2025-2026 |
| MO — Moyens | France 2030, offre CNFPT, campus numérique de l’État, budget cybersécurité |
| CAU — Causes | Pression de productivité, retard numérique des administrations, attentes usagers |
| CON — Conséquences | Gains de productivité, risques de polarisation, déshumanisation, dépendance privée |
| SOL — Solutions | Charte IA, formation obligatoire, gouvernance des données, garantie humaine, AI Act |
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Ce que le jury attend sur un sujet IA
Un jury de catégorie A ne vous demande pas d’être expert en machine learning. Il vous demande de raisonner comme un cadre public qui :
- Connaît les faits : chiffres, textes, institutions, expérimentations en cours.
- Voit les enjeux : opportunités de transformation ET risques pour les agents et les usagers.
- Propose des solutions réalistes : cas d’usage concrets, gouvernance éthique, formation, évaluation.
- Pense les garde-fous : RGPD, AI Act, charte d’usage, garantie humaine.
Si vous structurez un plan autour de ces quatre niveaux — avec des exemples précis et un angle bien choisi — vous faites partie des candidats qui se distinguent.
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© 2026 reussirsonconcours.fr — Article rédigé à partir de sources institutionnelles (CNFPT, DGAFP, FHF, CNIL, Cour des comptes, OCDE, Banque des Territoires, ministère de la Santé).


