L’open data et la transparence de l’action publique sont devenus des passages obligés dans les concours de la fonction publique, en note de synthèse comme à l’oral. On les retrouve dans des sujets de modernisation de l’action publique, de transformation numérique, de démocratie locale ou encore de participation citoyenne.
Le piège classique des candidats ? Dérouler un mini-cours sur le numérique sans jamais revenir à ce que vit concrètement une commune ou un EPCI. L’objectif de cet article est de vous donner un socle solide (définition, lois, enjeux) et un mode d’emploi DOPERLO pour analyser n’importe quel dossier sur l’open data sans bachotage inutile.
1. C’est quoi l’open data dans l’action publique ?
Dans le contexte des concours, retenez une définition simple, issue des guides officiels : l’open data public, c’est la mise à disposition large, libre et gratuite des données publiques, sous forme numérique, dans des formats facilement réutilisables.
Concrètement, il s’agit des données produites ou reçues par l’État, les collectivités territoriales ou les organismes de service public (budgets, délibérations, données de transport, urbanisme, environnement, etc.), mises en ligne pour être consultées, téléchargées et réutilisées par tous.
En France, la vitrine de cette politique est la plateforme nationale data.gouv.fr, qui centralise les jeux de données ouverts de l’État, de nombreux opérateurs et de collectivités territoriales.
2. Le cadre juridique minimum à connaître
Pas besoin de réciter tout le Code des relations entre le public et l’administration (CRPA). Mais pour un sujet de concours, il est utile de maîtriser trois briques juridiques.
2.1. Le droit d’accès aux documents administratifs (CADA)
Le mouvement vers la transparence commence avec la loi du 17 juillet 1978, qui crée la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) et consacre le droit d’accès des citoyens aux documents administratifs. La CADA est aujourd’hui présentée comme un acteur essentiel de la transparence de l’action publique.
En concours, vous pouvez la citer comme l’instance qui garantit le droit d’accès et peut être saisie en cas de refus de communication d’un document par une collectivité.
2.2. La loi pour une République numérique (2016) et l’open data “par défaut”
La vraie bascule vers l’open data a lieu avec la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique, qui introduit le principe d’open data par défaut : les données publiques doivent être, sauf exceptions, ouvertes, réutilisables et gratuites.
Cette loi rend obligatoire l’ouverture des données pour :
- les administrations de l’État ;
- les collectivités territoriales de plus de 3 500 habitants et employant plus de 50 agents ;
- les organismes privés chargés d’une mission de service public, au-delà d’un certain seuil.
Pour le jury, un bon candidat sait rappeler que l’open data n’est pas qu’un choix politique « sympa » : c’est aussi une obligation légale pour une partie des collectivités.
2.3. Open data, transparence et publication en ligne des documents
Le CRPA encadre désormais la publication en ligne des documents des collectivités territoriales : certains doivent être obligatoirement publiés (délibérations, budgets, décisions majeures) dès lors que la collectivité dépasse certains seuils.[web:68]
Cette diffusion doit respecter des règles strictes (protection des données personnelles, secrets protégés, anonymisation). La CADA propose un guide pratique qui rappelle trois objectifs majeurs de l’ouverture : renforcer la transparence, améliorer l’organisation publique et soutenir l’innovation économique.
3. Pourquoi open data et transparence tombent en concours FPT
Le CNFPT a déjà proposé des sujets de note de synthèse entièrement centrés sur « l’open data et la modernisation de l’action publique », ou encore le lancement d’un portail open data municipal. C’était mon cas en 2022 ! 😉
Les rapports de jury et études du CNFPT sur la transformation numérique rappellent que l’open data fait partie intégrante de la modernisation de l’action publique et du mouvement de gouvernement ouvert (Open Government Partnership).
Autrement dit : si vous visez un concours de catégorie A, le jury s’attend à ce que vous soyez capable de :
- expliquer ce qu’est l’open data en 3 phrases claires ;
- le rattacher à la transparence, à la qualité du service public et à la participation citoyenne ;
- montrer ce que cela change concrètement pour une collectivité territoriale.
4. Trois grands enjeux à placer dans vos copies
4.1. Transparence et confiance dans l’action publique
L’open data est d’abord présenté comme un levier de transparence démocratique : les citoyens peuvent accéder plus facilement aux budgets, aux dépenses, aux décisions, aux données environnementales, etc., ce qui renforce la redevabilité des élus et de l’administration.
Les guides officiels insistent sur le fait que l’ouverture des données vise à renforcer l’information des citoyens, à faciliter le contrôle de l’action publique et à lutter contre l’opacité administrative.
Dans une copie, vous pouvez donc articuler dans trop douter :
- principe : droit d’accès + open data par défaut ;
- enjeu : transparence, contrôle citoyen, lutte contre la défiance ;
- limites : risques sur la vie privée, nécessaires arbitrages entre transparence et protection des données.
4.2. Modernisation et efficacité de l’action publique
Officiellement, l’open data sert aussi à moderniser l’administration : meilleure circulation interne des données, décloisonnement des services, facilitation des échanges entre administrations via des API publiques (« Dites-le-nous une fois »), simplification des démarches des usagers. Spoiler alert : on peut encore s’améliorer ! 💪
Les études CNFPT sur le numérique montrent que de nombreuses collectivités peinent encore à transformer cette obligation réglementaire en véritable service public de la donnée, faute de moyens, de compétences ou de gouvernance adaptée.
Une bonne copie abordera forcément ces difficultés : elle montre que la modernisation numérique est une opportunité, mais aussi une charge organisationnelle (qualité des données, sécurité, acculturation des agents) et financière.
4.3. Développement économique et innovation locale
Enfin, l’open data est présenté comme un levier de développement économique : les entreprises, associations ou start-up peuvent réutiliser les données publiques pour créer de nouveaux services (mobilité, immobilier, tourisme, cartographie, etc.).
Le portail data.gouv.fr affiche clairement parmi ses objectifs le fait de favoriser la réutilisation des données et de soutenir l’innovation dans l’écosystème numérique.
Dans vos copies, vous pouvez montrer qu’un projet open data municipal répond à un double enjeu :
- transparence et information du citoyen ;
- attractivité économique et soutien à l’écosystème local (entreprises, associations, développeurs).
5. Comment analyser un dossier “open data” avec la méthode DOPERLO
Au lieu de résumer tous les documents de votre dossier, utilisez DOPERLO comme un radar. Voici comment remplir rapidement vos 8 axes sur un sujet « Lancement d’un portail open data intercommunal » ou « Open data et modernisation de l’action publique ».
- DO – Données : nombre de jeux de données concernés, taille de la collectivité, budget du projet, nombre de services impliqués, échéances légales (date d’entrée en vigueur des obligations).
- PER – Personnes (acteurs) : élus (maire, président de l’EPCI), DGA numérique, DSI, services métiers (urbanisme, finances, mobilité), citoyens, associations, entreprises du territoire, État (Etalab, préfecture).
- LO – Localisation : type de territoire (métropole, agglomération, communauté rurale), niveau de collectivité (commune / EPCI / département / région), articulation avec la plateforme nationale data.gouv.fr et/ou une plateforme régionale. Bref, tout le monde !
- EVO – Évolution : rappel des grandes étapes (loi CADA, CRPA, loi République numérique, guides CNIL/CADA, circulaires Etalab), montée en puissance des obligations d’ouverture depuis 2016, généralisation des portails open data locaux.
- MO – Moyens : budget dédié, équipe projet, outils (portail open data, API, SIG), accompagnement d’acteurs comme Etalab, OpenDataFrance, CNFPT (formation des agents).
- CAU – Causes : obligation légale, pression citoyenne pour plus de transparence, volonté politique de moderniser l’administration, opportunités économiques identifiées par les élus ou l’écosystème local.
- CON – Conséquences : meilleure information des citoyens, nouvelles formes de contrôle citoyen, réorganisation interne des services, montée en compétence numérique, risques (juridiques, réputationnels, cybersécurité) en cas de mauvaise gestion.
- SOL – Solutions : gouvernance data claire, nomination d’un référent données, plan de formation des agents, priorisation des jeux de données à ouvrir, partenariats avec la société civile (hackathons, ateliers de data-visualisation).
Une fois vos 8 axes remplis, votre plan en 3 parties se construit presque tout seul :
- I. Constat : contexte juridique et stratégique (DO–PER–LO–EVO) ;
- II. Diagnostic : difficultés et tensions (CAU–CON) ;
- III. Pistes d’action : organisation, moyens, gouvernance (MO–SOL).
Et c’est exactement ce que cherchera le jury : un raisonnement de cadre territorial.
6. Comment en parler à l’oral sans faire du “blabla numérique”
À l’oral, les candidats tombent souvent dans deux travers : soit un discours ultra-technique, soit des généralités vagues sur la “dématérialisation”. Pour vous démarquer, gardez trois réflexes :
- partir d’un exemple concret (portail open data de votre région, de votre département, d’une grande ville, ou de data.gouv.fr) ;
- enchaîner sur un enjeu pour une collectivité : transparence, relation usagers, pilotage des politiques publiques ;
- finir sur votre posture de futur cadre : comment vous organiseriez les choses (gouvernance, formation, priorisation des jeux de données).
C’est cette capacité à revenir au terrain et à parler en termes d’organisation, de moyens, de risques et d’acceptabilité qui fait la différence entre une copie “étudiant en sciences du numérique” et une prestation de futur attaché territorial.
7. Next step : entraîner votre cerveau avec DOPERLO
Vous avez maintenant les bases “open data et transparence” pour vos concours. Mais sans une méthode de lecture et de tri, vous retomberez vite dans vos anciens réflexes de bachotage : tout surligner, tout résumer, dépasser le temps, et finir à 9/20.
Pour éviter ça, équipez-vous de la matrice DOPERLO :
- 8 axes (DO–PER–LO–EVO–MO–CAU–CON–SOL) pour scanner n’importe quel dossier open data en moins de 45 minutes.
- un plan en 3 parties qui tombe tout seul une fois la matrice remplie ;
- des checklists “anti-blabla” pour parler comme un cadre territorial, même si c’est votre premier concours.
👉 Téléchargez la matrice DOPERLO gratuitement et testez-la sur un sujet “open data et modernisation de l’action publique” : accéder à la matrice DOPERLO
Ensuite, entraînez-vous avec nos articles et ressources sur la méthode :
- Comprendre DOPERLO en 5 étapes : la méthode complète pour structurer vos notes de synthèse, quel que soit le thème (transition écologique, open data, finances locales…).
- Appliquer DOPERLO à 3 dossiers récents CNFPT : voir concrètement comment passer de 8/20 à 14–15/20 en travaillant sur la méthode plutôt que sur plus de fiches de cours.
Open data ou pas, le jury recrute des cerveaux qui savent trier, structurer, décider. La méthode DOPERLO est là pour vous y entraîner, dossier après dossier.


