Certains mots ne sont pas « interdits » par un règlement officiel, mais ils plombent votre crédibilité aux yeux du jury et font baisser votre note, même si votre plan est bon. Les correcteurs attendent un style clair, neutre, précis, proche du langage administratif, pas un mélange de conversation de café et de tribune militante.
La bonne nouvelle, c’est qu’en remplaçant quelques tics de langage par des formulations simples, vous pouvez déjà gagner des points sans travailler davantage le fond.
Pourquoi certains mots vous coûtent des points
Les fiches du CNFPT sur l’expression écrite rappellent que les copies sont évaluées sur la maîtrise du vocabulaire, la précision et la correction de la langue, pas seulement sur les idées. Une copie remplie de mots vagues, familiers ou trop subjectifs donne l’impression d’un candidat peu professionnel, même si le raisonnement est globalement juste.
À l’inverse, un vocabulaire sobre, précis, administratif facilite la lecture, rassure le correcteur et correspond au style des écrits professionnels attendus.
Pour voir quels thèmes d’actualité vont vous obliger à soigner votre vocabulaire, vous pouvez lire :
👉 Les 10 thèmes incontournables de culture administrative en 2026
1. Les mots familiers et le langage « oral »
1.1. Ce qu’il faut éviter
Les outils de perfectionnement en expression écrite recommandent d’éviter tout vocabulaire familier dans une copie de concours : « truc », « machin », « c’est nul », « franchement », « carrément », « ça pose un gros problème », etc. Ce registre donne l’impression d’une conversation informelle, pas d’un écrit destiné à une autorité administrative.
1.2. Alternatives neutres et professionnelles
| À éviter | À écrire à la place |
|---|---|
| « C’est un gros problème » | « Cette situation soulève une difficulté importante » |
| « C’est nul / scandaleux » | « Cette situation apparaît peu satisfaisante / problématique » |
| « Ça coûte un pognon de dingue » :-), bon Ok là j’exagère. | « Cette politique représente un coût budgétaire significatif pour la collectivité » |
| « C’est super / génial » | « Cette mesure présente plusieurs atouts / avantages » |
L’objectif n’est pas de « parler comme un code civil », mais d’adopter un registre professionnel, comme celui que recommande le fascicule du CNFPT Perfectionnement en expression écrite.
Vous pouvez le consulter ici :
👉 Fascicule « Perfectionnement en expression écrite » – CNFPT
2. Les mots trop vagues qui affaiblissent vos idées
2.1. Les expressions floues à bannir (ou presque)
En rédaction académique comme en concours, les termes trop vagues (« beaucoup », « énorme », « plein de », « certains », « souvent », « on voit bien que… ») ne disent rien de précis. Dans une copie, ces formulations donnent le sentiment que vous n’avez pas vraiment cerné les enjeux, ou que vous avancez à vue.
2.2. Comment les rendre plus précises
| Expression vague | Formulation précise |
|---|---|
| « Beaucoup de communes sont concernées » | « De nombreuses communes, notamment les petites communes rurales, sont concernées par cette réforme » |
| « C’est un énorme budget » | « Cette dépense représente une part importante du budget de fonctionnement / d’investissement » |
| « Certains acteurs ne sont pas contents » | « Une partie des élus locaux / des usagers exprime des réserves sur cette mesure » |
| « On voit bien que ça ne marche pas » | « Les résultats observés restent en deçà des objectifs fixés initialement » |
Un bon réflexe : remplacer le flou par une catégorie ou un acteur précis (élus, usagers, services déconcentrés de l’État, associations…), comme le recommandent les guides de rédaction administrative. Précis= Pro
3. Les jugements de valeur et adjectifs « militants »
3.1. Pourquoi ils posent problème
Les concours administratifs, surtout la note de synthèse, ne sont pas des tribunes d’opinion. Les jurys attendent un style neutre, objectif, factuel, qui restitue les points de vue des acteurs sans que le candidat se mette en scène lui-même.
Les adjectifs suivants sont donc à manier avec une grande prudence, voire à proscrire :
- « scandaleux », « aberrant », « catastrophique », « honteux »
- « parfait », « idéal », « révolutionnaire »
- « évidemment », « forcément », « sans doute », utilisés pour imposer votre avis
3.2. Dire la même chose sans « crier »
| Formulation à proscrire | Alternative neutre |
|---|---|
| « Cette réforme est scandaleuse » | « Cette réforme suscite de vives critiques de la part de… » |
| « Cette situation est catastrophique » | « Cette situation entraîne des conséquences importantes sur… » |
| « Cette mesure est parfaite » | « Cette mesure répond en grande partie aux objectifs de… » |
Vous décrivez les faits, les positions et leurs effets, vous ne rendez pas un verdict personnel. Bon là aussi j’exagère un peu sur le biais écrit mais à l’oral, ce biais peut très vite revenir, surtout quand (comme moi) vous êtes plutôt un militant, ce qui est mon cas sur la thématique de l’autisme ou du handicap.
Mais là je m’égare, c’est inadmissible! 🙂
Pour voir comment intégrer ces nuances dans un devoir entier, vous pouvez consulter :
👉 Réussir son concours d’attaché territorial 2026. Le guide complet.
4. Les pronoms « je », « nous », « on » dans la note de synthèse
4.1. Le style attendu par le jury
Les formateurs en composition administrative rappellent qu’il ne faut pas utiliser les pronoms « je », « nous », « on » dans une note de synthèse ou une composition de concours. On attend un style impersonnel, qui ressemble à une note pour un élu ou un DGS, pas à une dissertation personnelle.
4.2. Exemples de reformulation
| À éviter | Formulation professionnelle |
|---|---|
| « Je pense que… » | « Il apparaît que… », « Il ressort des documents que… » |
| « Nous allons voir que… » | « Dans un premier temps, il conviendra d’examiner… » |
| « On voit bien que… » | « L’analyse des documents met en évidence que… » |
Dans vos copies, parlez du dossier et de la collectivité, pas de vous. C’est exactement ce que l’on demandera ensuite à un attaché territorial ou principal dans ses notes internes.
5. Les expressions journalistiques et « petites phrases »
5.1. Quand la presse ne doit pas entrer telle quelle dans votre copie
Les sujets de concours comportent souvent des extraits de presse avec des formulations choc : « pognon de dingue », « matraquage fiscal », « fracture territoriale », « séisme politique », etc. Les méthodologies de note de synthèse recommandent de ne pas reprendre ces expressions telles quelles, même si elles figurent dans le dossier.
Elles relèvent d’un registre polémique et médiatique, alors que vous devez adopter un ton neutre et analytique.
5.2. Comment les recycler intelligemment
- Reformulez dans un vocabulaire neutre :
- « pognon de dingue » → « coût très élevé des dépenses sociales »
- « matraquage fiscal » → « pression fiscale perçue comme importante par certains contribuables »
- Expliquez en une phrase ce que recouvre l’expression, plutôt que de la recopier :
- « L’expression de “fracture territoriale” utilisée par certains observateurs renvoie à… »
6. Les anglicismes et latinismes inutiles
6.1. Ce que recommande le lexique administratif
La rédaction des textes administratifs recommande de limiter au maximum les latinismes et anglicismes, sauf nécessité. Cela vaut aussi pour vos copies de concours : multiplier les « a contrario », « in fine », « deadline », « process » ne vous fera pas gagner de points.
6.2. Quelques remplacements simples
| Terme à éviter | Alternative française |
|---|---|
| « a contrario » | « à l’inverse », « au contraire » |
| « in fine » | « finalement », « au final » |
| « deadline » | « échéance », « date limite » |
| « process » | « procédure », « processus » |
| « reporting » | « compte rendu », « suivi » |
Pour enrichir votre vocabulaire administratif, vous pouvez vous appuyer sur le Lexique des termes administratifs publié par la Direction interministérielle de la transformation publique.
👉 Lexique des termes administratifs – DITP
C’est particulièrement utile sur des sujets comme la décentralisation ou la loi 3DS :
👉 La loi 3DS expliquée pour les concours de la fonction publique territoriale
7. Les maladresses de style qui agacent les correcteurs
7.1. Ce que relèvent les rapports de jury
Les rapports de jury signalent régulièrement des erreurs de style : phrases trop longues, ponctuation aléatoire, connecteurs mal employés, syntaxe approximative, accumulation de fautes. Certaines épreuves prévoient même des retraits de points automatiques au-delà d’un certain nombre d’erreurs. On parle de 2 points tout de même si plus de 10 fautes, ce n’est vraiment pas anodin.
7.2. Bonnes pratiques simples
- Préférer des phrases courtes (15–20 mots) plutôt que des pavés illisibles.
- Utiliser des connecteurs logiques adaptés : « en effet », « toutefois », « néanmoins », « en revanche », « ainsi », etc.
- Relire systématiquement la fin de copie (introduction + conclusion), qui concentre souvent le plus de fautes sous la pression du temps.
Les fascicules du CNFPT consacrés à la note de synthèse et à l’expression écrite sont de bonnes bases pour s’entraîner sur ces points, sans avoir besoin d’autre préparation concurrente.
8. Tableau mémo : les mots à proscrire (et leurs alternatives)
8.1. Synthèse en un coup d’œil
| Catégorie | À éviter | Alternative recommandée |
|---|---|---|
| Registre familier | « C’est nul », « gros problème », « ça ne marche pas du tout » | « Situation peu satisfaisante », « difficulté importante », « résultats en deçà des objectifs » |
| Vocabulaire vague | « Beaucoup de… », « plein de… », « certains acteurs » | « De nombreuses communes rurales », « une part importante des usagers », « une partie des élus locaux » |
| Jugement de valeur | « C’est scandaleux / aberrant / catastrophique » | « Cette réforme suscite de vives critiques », « entraîne des conséquences importantes » |
| Style personnel | « Je pense que… », « nous allons voir que… », « on voit bien que… » | « Il apparaît que… », « dans un premier temps, il conviendra d’examiner… », « l’analyse des documents montre que… » |
| Expressions médiatiques | « pognon de dingue », « matraquage fiscal », « séisme politique » | « coût budgétaire très élevé », « pression fiscale perçue comme importante », « changement politique majeur » |
| Anglicismes / latinismes | « deadline », « process », « a contrario », « in fine » | « échéance », « procédure », « à l’inverse », « finalement » |
9. Intégrer tout cela dans la méthode DOPERLO
Dans la logique DOPERLO, les « mots interdits » apparaissent surtout dans les cases PER (acteurs), EVO (évolution) et CON (conséquences), là où l’on est tenté de juger, exagérer ou « faire du style ».
- En PER, décrivez sobrement les acteurs : « élus locaux », « usagers », « services déconcentrés de l’État », « associations », sans caricature.
- En EVO, parlez de « réformes successives », « approfondissement de la décentralisation », « ajustements de compétences », etc.
- En CON, privilégiez des formulations factuelles : « complexification de la gouvernance », « risques d’inégalités territoriales », « renforcement de la coopération entre niveaux de collectivités ».
Pour appliquer tout cela dans vos copies, vous pouvez télécharger gratuitement la matrice DOPERLO (lien vers ta page de capture DOPERLO) et l’utiliser pour préparer vos prochaines notes de synthèse.
Et pour situer ces choix de vocabulaire dans le contexte des sujets qui tombent réellement :


